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 Allons-nous manquer d'eau ? Réponses en compagnie de Christian Amblard


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Méga-bassines : Que sont ces énormes réservoirs d'eau et pourquoi sont-ils contestés ?


Une décharge en eaux pures

En Auvergne, une décharge menace la qualité de l'eau minérale Volvic. Et ça n'a l'air de déranger personne ! Accès à l'article

Jacky Bonnemains · Mis en ligne le 24 novembre 2022 · Paru dans l'édition 1583 du 23 novembre


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Réécouter l'émission du 12/11/2022

La société des eaux de Volvic, propriété de Danone, est suspectée de menacer la ressource en eau et d’avoir dissimulé une décharge sauvage. ©AFP - Thierry ZOCCOLAN

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Article de La Montagne 07/09/2021

 

La situation du bassin aquifère de Volvic (Puy-de-Dôme) a été examinée à la loupe par une commission d’enquête parlementaire, ces derniers mois. Face aux conflits d’usage relevés, les députés émettent plusieurs préconisations, à commencer par l'application du principe de précaution.

Après six mois d’auditions, la "commission d’enquête relative à la mainmise sur la ressource en eau par les intérêts privés et ses conséquences", initiée par la députée insoumise Mathilde Panot, a rendu son verdict, cet été. Et il n’est pas tendre avec la situation actuelle, les députés participants, de tous bords politiques, demandant des actions radicales pour faire de l’eau un bien commun, car "l’accaparement par des intérêts privés de l’eau est une réalité".

Le cas de l’aquifère de Volvic à l’étude

Ce vaste rapport de plus de 300 pages (cliquez ici pour le découvrir) s’attarde sur de nombreux cas emblématiques de la gestion de l’eau en France. Parmi eux, l’aquifère de Volvic. La commission d’enquête a ainsi auditionné ces derniers mois les acteurs du territoire, qu’ils soient politiques, associatifs, économiques, habitants ou représentants de l’État.

S’il dresse un panorama exhaustif de la situation et des conflits d’usage relevés, de la pisciculture de Saint-Genès-l’Enfant aux permis de construire refusés sur le nord de Volvic et à Charbonnières-les-Varennes, le rapport affirme que "le cas du bassin de Volvic, marqué en particulier par une exploitation de la ressource en eau par le société minéralière du groupe Danone, invite à réaffirmer le besoin d’appropriation du principe de précaution afin de concilier les différents usages humains et environnementaux de la ressource".

En raison de tensions sur la ressource en eau, les permis de construire ne sont plus accordés à Charbonnières-les-Varennes et Volvic haut (Puy-de-Dôme)

"Le principal débat autour d’une éventuelle surexploitation et mauvaise répartition de la ressource porte sur le lien entre les prélèvements en amont (Société des eaux de Volvic et eau potable) et le tarissement des sources en aval durant les périodes d’étiage", résume la commission d’enquête.

Des mesures de préservation à accentuer

Face à ce tarissement, qui témoigne d’une baisse du niveau d’eau de l’aquifère principalement du à une diminution des pluies efficaces selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), des associations de défense de l’environnement réclament une meilleure répartition de la ressource au profit de l’environnement et une baisse des prélèvements de la SEV. En réponse, cette dernière rappelle qu’elle a déjà engagé ce mouvement depuis trois ans et qu’elle compte aller encore plus loin.

A Volvic (Puy-de-Dôme), l'eau devient source de tension : pourquoi les débits des sources de résurgence sont-ils en forte baisse ?

La commission d’enquête souligne d’ailleurs bien que "des mesures de préservation de la ressource ont été mises en oeuvre", aussi bien par les services de l’État que par la SEV, mais elle note également que "la raréfaction des résurgences place certains usages en souffrance et a des conséquences environnementales". En somme, les efforts devraient être accentués.

"Une connaissance lacunaire du bassin"

Le rapport pointe aussi clairement "une connaissance lacunaire du bassin et de son fonctionnement". Parmi ses propositions, les députés préconisent donc de "compléter le système piézométrique du bassin de Volvic pour établir le délai de transfert des prélèvements en profondeur sur les résurgences" et de "produire au plus tôt une étude hydrologique indépendante et exhaustive du bassin de Volvic, destinée à servir de base de travail les débats et l’élaboration de solutions éclairées […]. Il convient surtout de pouvoir s’assurer du degré et des délais d’impact des prélèvements destinés à l’eau potable et de la SEV sur les sources en aval."

Comment la Société des Eaux de Volvic compte s'adapter à la baisse du niveau d'eau dans le bassin aquifère

"L'application du principe de précaution"

D’ici là, face au manque de certitudes sur ce dernier point, le rapport, qui reste un document de travail sans pouvoir décisionnaire, préconise une mesure forte : "l’application du principe de précaution, tel que prévu par l’article 5 de la Charte de l’environnement, pourrait inviter le préfet à utiliser la faculté ouverte par l’article 10 de l’arrêté d’autorisation de prélèvements accordé à la SEV en 2014 afin de minorer les prélèvements de la SEV avant, et durant les périodes d’étiage les plus sévères. Bien calibrées, ces réductions pourraient être compensées par la SEV par une utilisation plus poussée de ses autorisations de prélèvements durant les périodes des hautes eaux. [...] Toutefois, s’il est prouvé que les prélèvements de la SEV ne peuvent être la cause de la réduction du débit des résurgences en période d’étiage et de sécheresse, le préfet pourrait revenir immédiatement au régime préexistant."

Un plan d'utilisation rationnelle de l'eau en cours d'élaboration

Que pensent les principaux acteurs de l’aquifère de Volvic de ce rapport parlementaire??

Invitée à agir dans le cadre des préconisations, la préfecture du Puy-de-Dôme, tout en affirmant que les services de l’État prennent "pleinement en compte le principe de précaution", explique privilégier "d’une part une démarche d’approfondissement des connaissances de l’aquifère, et d’autre part un accompagnement et un contrôle des industriels dans leur démarche d’utilisation de la ressource hydrique dans le cadre d’un Pure (plan d’utilisation rationnelle de l’eau)."

"À ce titre, comme le prévoit le nouvel arrêté cadre sécheresse de mars 2021, j’ai demandé aux 28 plus importants consommateurs d’eau du département la mise en place d’un tel plan, commente le préfet Philippe Chopin. Le Pure de la SEV est en cours d’élaboration, en vue d’une adoption dans les toutes prochaines semaines. Cela conduira à une diminution des valeurs limites des prélèvements de la SEV, y compris en période de tension sur la ressource." L’État affirme aussi son intention de recruter, d’ici fin 2021, un post-doctorant chargé d’approfondir les connaissances sur le bassin aquifère.

De son côté, la Société des Eaux de Volvic précise être "ouvert[e] aux propositions permettant d’approfondir la connaissance du bassin de Volvic pour l’ensemble des usagers, afin de nous permettre, collectivement, de préserver cette ressource". Elle rappelle toutefois qu’elle "mène depuis plusieurs années une politique ambitieuse d’économies d’eau" qu’elle s’engage à poursuivre, notamment à travers le lancement d’un système de traitement et de recyclage des eaux usées du site d’embouteillage, inscrit dans le cadre du Pure.

Enfin, "ce rapport fait un état des lieux assez complet, il n’y a rien à redire là-dessus, les députés ont fait un travail de fond", estime Jacky Massy, président de l’association Preva, qui regroupe des habitants du territoire inquiets de la situation. "On trouve juste que les préconisations sont un peu légères si on prend en considération l’urgence de la situation. On sait que ce genre de rapport n’a pas de pouvoir décisionnaire, mais on espère que ça contribuera à attirer l’attention sur cet enjeu."

 

Arthur Cesbron


Article la montagne du 27 mars 2021

 Préoccupés par la chute des débits des sources de résurgence situées en aval, des habitants de Malauzat (Puy-de-Dôme) soulèvent une question : prélève-t-on trop d’eau dans le bassin aquifère de Volvic ? Dans leur viseur, la Société des Eaux de Volvic (SEV). Et le manque de transparence.

Édouard de Feligonde n’en démord pas. À Malauzat, le propriétaire de la pisciculture de Saint-Genès-l’Enfant arpente, le pas lourd, ce monument classé historique fondé en 1651. Depuis 2017, sa pisciculture n’est plus exploitée et les murs des bassins s’effondrent un à un. La raison ? Le manque d’eau. Les sources qui ont alimenté le domaine durant des siècles se tarissent.

"Dans cinq ans, il n’y a plus d’eau"

À quelques mètres de là, des habitants dressent le même constat. Réunis depuis trois ans au sein de l’association Preva, membre du collectif Eau Bien Commun 63, ils s’inquiètent de la chute vertigineuse des débits des trois sources de résurgence de l’aquifère de Volvic, toutes situées sur la commune.

Une marche militante a réuni 280 personnes à Volvic (Puy-de-Dôme) pour la journée mondiale de l'eau

Pour en mesurer l’ampleur, l’un d’eux, Denis Chevalier, scrute le site de suivi des cours d’eau en France, puisque les services de l’État ont équipé ces points de résurgence d’instruments de mesure. Et il a fait le calcul :

"On est passé d’une moyenne annuelle de 390 litres par seconde pour les trois sources en 1983 à 144 l/s en 2012 et 75 l/s en 2019. C’est dramatique. À ce rythme, dans cinq ans, il n’y a plus d’eau dans ces sources ! L’impact sur la biodiversité sera terrible"

DENIS CHEVALIER Membre de Preva

Face à ce constat, Édouard de Feligonde et les membres de Preva cherchent des explications. Et à leurs yeux, pas de doute : la Société des Eaux de Volvic (SEV) a sa part de responsabilité.

Trois usages de l’eau

Pour bien comprendre, il faut savoir que l’eau du bassin aquifère de Volvic, dont la capacité totale est évaluée à 450 litres par seconde, est partagée en trois usages : l’alimentation en eau potable du bassin riomois avec le captage du Goulet (en moyenne 150 l/s) ; les prélèvements de la SEV (77 l/s en 2019) ; et ce qui revient au milieu naturel.

Puy-de-Dôme : la pisciculture en eaux troubles à cause de la sécheresse à Malauzat


Or pour Preva, la chute des débits des sources de résurgence, plus marquée dans les sources les moins profondes, témoigne d’une baisse du niveau de la nappe dans l’aquifère. Il serait donc urgent de repenser le partage de la ressource hydrique.

"On ne peut pas accepter que nos rivières s’assèchent quand dans le même temps, on envoie des milliers de bouteilles à l’autre bout du monde. Il est temps de respecter la loi sur l’eau de 2006 : l’alimentation en eau potable et des cours d’eau est prioritaire, la variable d’ajustement doit être l’exploitation commerciale"

 

CHRISTIAN AMBLARD Membre de Preva

 

 

 "On n’est pas contre l’utilisation économique de l’eau. On se bat pour qu’elle soit raisonnée et raisonnable", poursuit François Dominique de Larouzière, de Preva, vulcanologue. La demande fait notamment référence à l’arrêté préfectoral pris lors de la sécheresse de 2019, qui contraint l’usage des eaux de surface (agriculteurs, particuliers…) sans limiter celui des eaux souterraines.

"Un manque d'informations"

Restent de nombreuses inconnues. Au sein d’Eau Bien Commun 63 comme à la pisciculture, dont le propriétaire a engagé des actions en justice contre la SEV et l’État, tous déplorent un "manque de transparence et d’informations". Le niveau de l’aquifère a-t-il baissé et dans quelles proportions ? Son renouvellement est-il assuré aujourd’hui ? Autant de questions sans réponse officielle.

L’origine de la baisse du débit des sources divise, elle aussi : là où la SEV met en avant le réchauffement climatique (lire par ailleurs), les collectifs de citoyens dont Preva arguent que la pluviométrie annuelle sur le secteur n’a pas changé et parient davantage sur les effets de la hausse des prélèvements de la SEV depuis 30 ans.

Un comité de suivi depuis 2014

De leur côté, les services de l’État, interrogés par La Montagne, ne communiquent aucune information sur l’état de l’aquifère. Tout juste rappellent-ils que les autorisations annuelles de prélèvement sont respectées par l’embouteilleur. Preuve toutefois de l’attention portée au sujet, un comité de suivi a été créé en 2014 "dans le but de partager avec les acteurs de l’impluvium la situation des prélèvements au regard de la ressource disponible". Pour en savoir plus sur le contenu de ces échanges, il faudra repasser.

En raison d'incertitudes sur la ressource en eau, les permis de construire sont refusés jusqu'à nouvel ordre sur les hauteurs de Volvic

Parmi ces acteurs, il y a la SEV, mais aussi le syndicat de production d’eau potable de la région de Riom (Smuerr) et l’agglo Riom Limagne et Volcans (RLV). Qu’en disent-ils ? Chacun reste dans son domaine de compétence, et affirme ne pas disposer de vision d’ensemble. "Je n’ai aucun signal d’alerte sur la fourniture en eau potable", dit Laurent Thévenot, président du Smuerr et maire de Volvic, qui met en avant les efforts réalisés : "Grâce à l’amélioration du rendement des réseaux, on est passé de 4,98 millions de m3 d’eau utilisés en 2008 à 4,2 millions en 2020."

Des études en cours et à venir ?

"Il faut qu’on engage des études pour mieux comprendre l’aquifère, abonde Frédéric Bonnichon, président de RLV. Il y a une raréfaction de la ressource de façon générale, mais je me méfie des raccourcis. Il faut passer des questions aux réponses techniques et certaines."

Premiers éléments attendus en avril : RLV a lancé l’été dernier des études sur le secteur Volvic/Charbonnières-les-Varennes, où les permis de construire ne sont plus accordés en raison d’incertitudes sur la capacité de la ressource en eau à subvenir aux besoins futurs.

"Nous avons réduit nos prélèvements de 14 %"

Que répond la Société des Eaux de Volvic (SEV), interrogée par La Montagne ?

 

Sur la chute des débits des sources. "La baisse des débits des sources s’explique essentiellement par des facteurs naturels, notamment la sécheresse et les variations du climat", considère l’entreprise, ajoutant que tous les cours d’eau, "dans un périmètre de 50 km", souffrent de la sécheresse et sont "sensibles aux variations de précipitation et à l’évaporation".

 

 

 

 Sur l’état de santé de l’aquifère. "L’aquifère de Volvic, comme tous les aquifères de la chaîne des puys, est impacté par l’évolution climatique qui se traduit par trois années de sécheresse successives : 2017, 2019 et 2020. Néanmoins, les réserves d’eau se renouvellent régulièrement, répond la SEV. Les réserves d’eau sont excédentaires à la quantité prélevée chaque année dans l’aquifère. Le cycle de l’eau est ainsi respecté." La transparence ? L’entreprise affirme partager toutes ses données avec les autorités locales, par le biais du comité de suivi.

Sur ses prélèvements. C’est la principale demande des associations : "une exploitation plus raisonnée de l’eau". Après des années de hausse, la SEV répond qu’elle a baissé ses prélèvements depuis 2017, grâce aux investissements réalisés (1,4 litre d’eau est nécessaire en 2020 pour produire une bouteille d’1 litre contre 1,95 litre en 2014). "Entre 2017 et 2020, nous avons réduit nos prélèvements de 14 % (soit 380 millions de litres d’eau économisés) pour des niveaux de vente stable (- 1 % en 2020 versus 2017)", affirme la société, autorisée par l’État à prélever jusqu’à 2,7 millions de m³ par an (soit 88,6 l/s).

La Société des Eaux de Volvic a diminué de 13 % ses prélèvements d'eau à la source : "Nous devons respecter le cycle de l’eau"

Concernant ses prélèvements plus conséquents l’été, la SEV affirme "que l’aquifère amortit les variations d’utilisation. La période de prélèvement de l’eau n’a pas d’impact significatif sur la capacité de renouvellement de la nappe. Les réserves d’eaux souterraines sont moins sensibles aux fluctuations climatiques car elles se rechargent principalement à l’automne et à l’hiver."

Enfin, la SEV précise que le remplacement en 2020 du forage Arvic, "à la même profondeur" que l’ancien équipement, n’a pas pour but d’augmenter les prélèvements.

 

Arthur Cesbron


Déclaration de la société civile pour la Journée Mondiale de l’Eau

 

22 mars 2021

 

 

L’EAU POUR LA VIE, PAS POUR LE PROFIT !

 

Ce 22 mars, les Nations unies célèbrent la Journée Mondiale de l’Eau autour du thème officiel « la valeur de l’eau ». Ce choix de thème doit nous alerter : de l’idée de valeur à celle de prix, il n’y a qu’un pas ! Or donner une valeur financière à la nature est un phénomène grandissant qui vient d‘atteindre son paroxysme avec l’entrée en bourse de l’élément le plus essentiel pour l’humanité et la vie : l’eau.

 

L’entrée de l’eau en bourse : un crime contre le vivant !

 

Le 7 décembre 2020, la plus grande société mondiale d'échange de produits dérivés financiers, CME Group, a lancé le premier marché à terme de l'eau. Les investisseurs et spéculateurs peuvent désormais parier sur l’évolution du cours de l’eau en Californie.

 

En théorie, les contrats à terme doivent permettre de lutter contre la volatilité des prix et offrir une sécurité pour les agriculteurs. La réalité, elle, a largement montré le contraire.

 

Les impacts des « marchés de l’eau » déjà mis en place dans plusieurs pays sont catastrophiques. Au Chili, des rivières sont mises aux enchères et acquises par des milliardaires qui utilisent les eaux pour irriguer massivement les productions intensives d’avocats ou alimenter les mines tandis que des millions de personnes tentent de survivre à cet accaparement de l’eau qui entraine des sécheresses majeures. En Australie, le marché de l’eau, censé soutenir l’économie tout en empêchant le gaspillage de l’eau, a finalement incité les investisseurs et les industriels de l’agriculture à la spéculation, en fonction des prévisions de pénurie et du prix futur de l’eau, au détriment de l’accès à l’eau des paysans.

 

Pollution, surexploitation, marchandisation, accaparements, perturbation des cycles… Autant de pressions que subissent déjà les écosystèmes aquatiques du fait de nos modèles de développement. Dans ce contexte de crise de l’eau généralisée, l'eau de qualité est de plus en plus rare et convoitée : elle devient un placement financier idéal pour les investisseurs puisque chaque personne en a besoin pour vivre, et qu’aucun substitut ne peut la remplacer.

 

Des milliards de personnes ne jouissent toujours pas de leur droit humain à l’eau et des millions de petits paysans éprouvent déjà de grandes difficultés pour accéder à l’eau. La financiarisation de l’eau ouvre la porte à des spéculations massives et à des prix de l’eau élevés favorisant les acteurs économiques les plus puissants. C’est le risque de voir se multiplier des monocultures ou des zones sacrifiées par des crimes environnementaux causés par l’agrobusiness et l’extractivisme, dont les intérêts économiques et financiers sont bien plus attractifs pour les spéculateurs. Dans ce lucratif marché, les besoins humains et les besoins des écosystèmes ne sont pas prioritaires.

 

Parce que l'eau est la source de la vie, elle ne peut être considérée comme une marchandise ni comme un placement financier ou un objet de spéculation. Les menaces que font peser la pandémie et la crise climatique au niveau mondial doivent nous en faire prendre conscience de manière urgente. Laisser les lois du marché décider de la répartition et de la gestion de l’eau est inacceptable au regard des droits humains et irresponsable face à la situation écologique et sanitaire mondiale.

 

Protégeons l’eau, notre bien commun

 

Alors que l’ONU a reconnu le droit humain à l’eau il y a plus de dix ans, un sursaut est nécessaire. Pour que le droit à l’eau devienne une réalité pour tout le monde, nous devons rejeter cette vision purement économique et utilitariste de l’eau. Dans de nombreux territoires, des politiques de l’eau alternatives s’expérimentent avec, au cœur, le respect des écosystèmes dont nous dépendons. A travers le monde, des personnes s’organisent pour faire reconnaitre leur droit à l’eau et exigent leur pleine participation aux politiques des bassins versants. De nombreux collectifs dénoncent la mainmise des intérêts privés sur l’eau et résistent face à des projets mettant en péril l’eau de leur milieu de vie. D’autres font pression pour que des droits soient reconnus à des rivières, des glaciers ou des lacs. Cette responsabilité collective des communautés humaines vis-à-vis de l’eau en tant que bien commun du vivant n’est pas une option.

 

C’est pourquoi, en cette Journée Mondiale de l’Eau, associations et collectifs de tous les pays, dans toute notre diversité, nous nous unissons pour rappeler que l’eau est un droit humain et un bien commun. Nous continuerons de le dire, dans toutes les langues s’il le faut, l’eau c’est la vie !

 

Nous réaffirmons qu’un droit humain n’est pas conditionné à la capacité de payer. Nous réaffirmons qu’un bien commun ne doit pas être géré et contrôlé par les lois des marchés financiers.

 

Nous en appelons à la prise de responsabilité des pouvoirs publics pour qu’ils s’opposent à la financiarisation de la vie et qu’ils prennent toutes les mesures nécessaires pour rendre illégale la cotation de l’eau en bourse.

 

Nous appelons également chaque personne à revendiquer son droit à l’eau, à refuser l’emprise des acteurs financiers sur cet élément vital, à se réapproprier ce bien commun du vivant, et à contribuer à sa protection pour les générations présentes et futures.

 

Ayons l’audace de repenser notre rapport à l’eau car il en va de l’habitabilité de la Terre !

 

Signataires

 

Cette déclaration a été signée par plus de 500 organisations et collectifs du monde entier.

 

Fondation Danielle Mitterrand, Coalition Eau, End Water Poverty, Coordination Sud, Notre Affaire à Tous, Blue Planet Project, France Nature Environnement, Les Amis de la Terre, Food & Water Watch, La Confédération paysanne, Women Engage for a Common Future (WECF), African Civil Society Network on Water and Sanitation (ANEW), End Ecocide on Earth, Indigenous Peoples Rights International, Coordination EAU Île-de-France, Emmaüs international, Movimiento de defensa por el acceso al agua, la tierra y la protección del medioambiente (MODATIMA), Réseau francophone pour les droits de la Nature, Youth for Climate France, Collectif Bassines non merci, Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières

 

Voir la liste complète ici


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Article Médiapart 25 septembre 2020

 

Chères adhérentes, chers adhérents,


Nous ne pouvons que vous inviter à lire attentivement l'article qui suit.
Voici 2 ans que notre association compile des données relatives aux débits des sources de résurgences.
Nous avons maintes fois communiqué (graphes à l'appui) aux autorités la situation gravissime dans laquelle nous nous trouvions : tarissement progressif des sources de résurgences.
En août 2019, lors d'une rencontre avec Mme la Préfète et le Directeur de la DDT nous avons fait part de notre étonnement de constater que les eaux souterraines n'étaient pas concernées par le décret se restriction sécheresse. Or nous n'avons cessé de rappeler aux services de l'Etat que, s'agissant du bassin aquifère de Volvic, les eaux souterraines et les sources de résurgences ne font qu'un.
Malgré les remarques notifiées par PREVA, puis du collectif Eau Bien Commun (constitué en Mars 2020) le décret 2019 a été reconduit en 2020. La Préfecture a considéré une nouvelle fois que seules les eaux de surface seraient concernées par les restrictions. En conséquence, les eaux souterraines pompées par la Société des Eaux de Volvic en 2020 ne seraient en aucune façon impactées par l'arrêté de restriction....
Aujourd'hui, nous en payons le prix. Les sources de résurgences sont actuellement à l'agonie. Les ruisseaux alimentés par les sources de la pisciculture sont à sec
Le dossier argumenté par Mediapart va enfin ouvrir la voie (nous l'espérons) d'un vrai dialogue avec les représentants de l'Etat et la Société des Eaux de Volvic pour amorcer les bases d'une gestion responsable de la ressource.
Bien cordialement,
Association PREVA

LA MONTAGNE

PRÉVA veut œuvrer pour l’environnement

MALAUZAT

Publié le 28/05/2019


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10 août 2020 :

Article du quotidien Le Monde "Face à la sécheresse, les retenues d’eau artificielles, une solution de très court terme". 

Avec la participation de Christian Amblard (PREVA)

 

Stocker en surface les pluies d’hiver en prévision de l’été est une idée dénoncée par les hydrologues qui défendent au contraire une recharge des nappes souterraines.

Les uns après les autres, quand arrivent les mois chauds qui assèchent les sols et les rivières en France, les ministres de l’agriculture avancent la même réponse comme frappée du sceau de l’évidence : si l’eau manque en été, il n’y a qu’à la stocker en hiver. C’est d’ailleurs la demande récurrente de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA). Pour affronter le réchauffement climatique, il faudrait, selon le syndicat majoritaire des exploitants agricoles, multiplier les retenues sur des rivières et des bassines – au nom trompeur puisqu’elles occupent en général plusieurs hectares chacune –, alimentées par pompage dans les cours d’eau et les nappes souterraines, les pluies et les ruisseaux étant loin de suffire à remplir ces installations conséquentes largement subventionnées.

En août 2019, le ministre de l’agriculture et de l’alimentation d’alors, Didier Guillaume, déclarait vouloir une soixantaine de retenues de ce genre pour soutenir l’agriculture irriguée. Un an plus tard, son successeur nouvellement nommé, Julien Denormandie, ingénieur agronome de formation, avance à son tour cette idée. « Pour permettre d’avoir l’eau l’été [il faut] capter l’eau de l’hiver. C’est aussi simple que cela, c’est le bon sens qui nous anime, a-t-il déclaré au micro d’Europe 1, le 31 juillet. Il faut parfois, sur des territoires, faire des retenues d’eau un peu plus massives et ça, dans notre pays, ça prend huit à dix ans parce qu’on a toujours une palanquée de recours. »

Il s’interrogeait déjà la veille devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale : « Comment peut-on simplifier les choses de façon réglementaire pour aller plus vite, sachant qu’une loi prendrait trop de temps et ne simplifierait peut-être pas grand-chose ? Je veux vraiment travailler là-dessus. » Le ministre glissait au passage en avoir « déjà parlé avec Barbara Pompili », son homologue de la transition écologique. La question est sensible car elle est source de discorde depuis des années entre les deux ministères, qui n’ont ni l’un ni l’autre répondu aux sollicitations du Monde.

Dégradation des milieux naturels

Sivens, Caussade, la vingtaine de retenues d’eau de la Sèvre niortaise, pour ne citer que quelques projets qui ont cristallisé les tensions : les associations de défense de l’environnement tirent fréquemment à boulets rouges sur ces nouvelles infrastructures. Elles les combattent devant la justice et en manifestant sur place, au nom du nécessaire partage d’une ressource hydrique qui devient plus rare et de moins en moins bonne qualité, et de la sauvegarde de la biodiversité. Le Comité français de l’union internationale pour la conservation de la nature et le Muséum national d’histoire naturelle ont ainsi fait savoir, en juillet 2019, que 15 des 80 espèces de poissons d’eau douce présentes en France métropolitaine sont menacées de disparition en raison de la dégradation, voire de la destruction, des milieux naturels.

Or les nappes souterraines qui alimentent les sources, permettant aux rivières de couler l’été, ont besoin de se recharger durant les saisons arrosées grâce aux pluies qui s’infiltrent par les sols des espaces naturels, des zones humides en particulier. Celles-ci filtrent d’ailleurs au passage une part des contaminations. Mais certaines régions, le Massif central par exemple, connaissent aujourd’hui leur quatrième été de sécheresse consécutif. Alors même si l’automne et l’hiver 2019-2020 se sont montrés généreux en précipitations, la question de la recharge des nappes va se poser si l’eau est de plus stockée en surface.

L’Observatoire national des étiages (ONDE) constate qu’au moins 17 % des 3 200 cours d’eau qu’il surveille sont déjà à sec. Ce dispositif est l’un des outils à la disposition des pouvoirs publics pour décider des arrêtés sécheresse qui restreignent l’arrosage des jardins, le lavage des voitures, le remplissage des piscines et autres usages domestiques. Dans certains départements, le secteur agricole, qui consomme la majorité de la ressource, est aussi contraint de limiter ses prélèvements.

Les barrages assèchent les tronçons de rivières situés en aval, détruisent les écosystèmes, noient les zones humides

« Bien sûr qu’il faut retenir l’eau, mais dans les sols, pas en surface où une bonne part va s’évaporer par fortes chaleurs, affirme l’hydrogéologue Christian Amblard, directeur de recherche honoraire au CNRS et vice-président du Groupe scientifique de réflexion et d’information pour un développement durable et de l’association Preva  (PRéservation Environnement Volcans d’Auvergne). Des études récentes ont conclu que les pertes sur les lacs de l’Ouest américain peuvent atteindre 20 % à 60 % des flux entrants, c’est considérable. D’autres, réalisées en Espagne, ont conclu que dans les régions les plus équipées de barrages, les sécheresses sont deux fois plus intenses et plus longues. »

Les retenues d’eau assèchent les tronçons de rivières situés en aval, détruisent les écosystèmes, noient les zones humides. La problématique est la même pour les grandes bassines, explique-t-il en substance. « C’est donc une hérésie totale de faire passer les ressources en eau souterraines en surface au profit de seulement 6 % des terres équipées pour être irriguées », conclut-il.

 

Son point de vue est partagé par nombre d’hydrologues. Ainsi Florence Habets, chercheuse en hydrométéorologie (directrice de recherche CNRS et professeure attachée à l’Ecole normale supérieure) déclarait-elle au Monde, à l’été 2019 : « Le moyen le plus efficace de garder la ressource hydrique, ce sont les nappes et les sols qui se gorgent de volumes conséquents et les transfèrent vers le sous-sol. Augmenter nos capacités de stockage avec l’idée que nous pourrons poursuivre les mêmes activités, les mêmes cultures aux rendements fantastiques, est un leurre (…). En outre, le remplissage de ces infrastructures en automne peut contribuer à augmenter la durée des pénuries. »

 

NOTA : Le ministre de l’agriculture, Julien Denormandie a déclaré le 31 juillet, au micro d’Europe 1 :  « Pour permettre d’avoir l’eau l’été [il faut] capter l’eau de l’hiver. C’est aussi simple que cela, c’est le bon sens qui nous anime »

LIONEL BONAVENTURE / AFP


Le trait d’union entre patrimoine naturel et patrimoine bâti, notamment les moulins, c’est évidemment l’eau. 

Dans le cadre des journées européennes des moulins et du patrimoine meulier, l'association PReva (PRéservation Environnement Volcans d’Auvergne) a organisé une après-midi festive et historique avec la présentation du parcours patrimonial des Moulins Blancs.

Accueillies par le président Jacky Massy et l'expert scientifique François-Dominique De La Rouziere, une cinquantaine de personnes se sont retrouvées dans l'antre de la sublime propriété de la pisciculture de Saint-Genès-l'Enfant. Au grès de la balade, le maître des lieux, Édouard De Féligonde, a expliqué ses déboires.

« Préservation et valorisation de l'environnement tant naturel que bâti »

Entre le vol de poissons, dont il a été l'objet il y a quelques semaines, et surtout la baisse conséquente en eau de ses bassins et de la retenue d'eau, dont les berges s'effritent à vue d'œil, et après l'épisode 2017 où la principale source s'était tarie, l'histoire se répète : où est l'eau ? C'est l'un des combats de PReva, dixit Jacky Massy : « L'objectif que poursuit, entre autres, l'association, c'est la préservation et la valorisation de notre environnement tant naturel que bâti. Dans cet esprit, notre patrimoine naturel a tout d'abord retenu notre attention car il fait véritablement consensus. La défense de l'eau, des espaces verts, de la faune, de la flore constituent ici un réel sujet émotionnel. »

Depuis sa création, PReva a œuvré à consolider et protéger ce patrimoine naturel en se rapprochant des opérateurs publics pour obtenir leurs appuis. Tout n'est cependant pas terminé.

Une consolidation s'impose (gestion des flux routiers dans le secteur de l'avenue Jean-Jaurès). La reconnaissance du passé à travers l'étonnant patrimoine bâti local participe également de ce premier volet d'actions menées par PReva. De ce fait, un parcours patrimonial des Moulins Blancs a été structuré, renforçant la cohésion des adhérents et éveillant la conscience collective vis-à-vis de leur histoire. L'après-midi s'est conclu par une conférence-débat avec Jean-Marie Perona et Georges Tarnowka.

À ce jour, PReva compte 220 adhérents.

Pratique. Contact : Jacky Massy au 06.85.42.61.21.

 


18 Sept 2019

Garder l’alimentation en eau de Volvic n’est pas une question de principe “d’Auvergnat rétrograde”.

Bien au contraire, c’est une question de bon sens économique.

Remplacer l’eau de Volvic par l’eau de l’Allier entraînerait une multiplication par 4 de votre facture en raison des traitements nécessaires à sa “potabilité”.

C’est aussi une question de bon sens écologique.

Pourquoi remplacer une eau qui “descend de la montagne” par une eau “fluviale” ?

 

Pour en savoir plus


Association PREVA

Par 

Vous reprendrez bien un peu de bitume ?

Nous recevons aujourd'hui la toute jeune Association PREVA. Association créée en Mars 2018 pour la préservation de l'accès nord des Volcans d'Auvergne. Jacky Massy, Denis Chevalier et François-Dominique de la Rouzière en sont les porte-paroles. 

Pour réécouter l'émission, cliquez ci dessus



LA MONTAGNE

Preva : une nouvelle association pour préserver les espaces

Publié le 14/05/2018

François-Dominique De La Rouziere, Patrice Riotte et Jacky Massy en route pour la sauvegarde des intérêts dans le domaine de l’environnement, de l’aménagement harmonieux et équilibré du territoire et de l’urbanisme. © Droits réservés

Une nouvelle association vient de voir le jour sur le sol mozacois. Preva (PRéservation Environnement Volcans d’Auvergne), en étendant son action sur Malauzat et Marsat, risque de faire grand bruit.

 

Ayant pour objet de protéger, de conserver et de restaurer les espaces, ressources, milieux et habitats naturels, la diversité et les équilibres fondamentaux écologiques, les sites, les paysages et le cadre de vie des habitants, son président, Jacky Massy, est parti d'un constat fort simple : « Si les gens habitent ici c'est qu'il y fait bon vivre. C'est vert et bucolique ».

Tout irait bien dans le meilleur des mondes. Mais pour Jacky Massy, accompagné du vice-président Patrice Riotte et de l'expert scientifique François-Dominique De La Rouziere, il n'en est rien.

« En une vingtaine d'années, cela s'est détérioré à une vitesse grand V avec l'apparition des espaces commerciaux et industriels qui s'implantent de façon anarchique, sans contrôle des autorités et sans schémas directeurs.

Sans parler des abattages d'arbres, des espaces verts qui ont disparu, de la pollution, du bruit, des nuisances de toutes sortes et la circulation intra-résidence qui est devenue infernale. Et que dire du laisser-aller de l'entretien des biens publics comme les voies routières ».

Avancer ensemble

L'association, qui pourrait bien avoisiner les 200 adhérents, a été créée dans le but de s'organiser avec un plan d'action strict et clair mais combatif et surtout créatif avec des scénarios alternatifs à proposer. Car Preva se veut ouverte au débat sous toutes formes de dialogues où l'on peut avancer ensemble. Dixit François-Dominique De La Rouziere : « L'idée est d'essayer d'inventer un nouveau mode de relations entre les habitants d'un pays et les élus locaux. Nous ne sommes pas une association qui défend trois petits oiseaux et deux fleurs.

C'est une vision globale du territoire. Réinventer un modèle citoyen de bien vivre sans pénaliser ni l'activité économique, ni les uns ni les autres, ni favoriser des actions qui ne sont pas du développement durable. C'est un vrai modèle ».